De gauche à droite, Romain Charraudeau, Directeur du partenariat et du transfert pour l’Innovation de l’IFREMER, Anne-Cécile Clément, CEO Inkaptis, Loïc Mazas, CTO Inkaptis, Françoise Duprat, Directrice du Technopôle Brest-Iroise
Issue de plus de dix ans de recherche à l’IETR, Inkaptis développe des capteurs ultrafins pour instrumenter les structures composites. Accompagnée par la SATT Ouest Valorisation, la start-up prépare ses premières applications industrielles dans la propulsion vélique et l’éolien.
Pouvez-vous vous présenter et nous présenter Inkaptis ainsi que la technologie qu’elle développe ?
Inkaptis, c’est une équipe de cinq cofondateurs aux expertises complémentaires, réunis pour faire naître une nouvelle génération de capteurs flexibles : Anne-Cécile Clément (CEO), Loïc Mazas (CTO), Maxime Harnois (ingénieur chercheur CNRS à l’IETR, inventeur de la technologie), Gabriel Terrasse (COO, dirigeant de L’Hydroptère 2.0) et Éric Rambaud (conseiller industrialisation).
Inkaptis développe des capteurs flexibles ultrafins (10 µm) qui permettent aux industriels de mieux concevoir, optimiser et fiabiliser des structures composites complexes, comme les gréements ou les pales d’éoliennes, jusqu’ici difficiles à instrumenter. Intégrés en surface ou au cœur des matériaux, nos capteurs suivent en temps réel la fabrication, l’intégrité structurelle et l’environnement de ces structures (déformations, température, écoulements), sans compromettre leurs performances mécaniques ni aérodynamiques.
Comment est née l’idée de créer cette start-up ?
Inkaptis, initialement baptisée projet SmartSkin, est issue de plus de dix ans de travaux de recherche à l’IETR (Université de Rennes, CNRS) sur les capteurs souples imprimés et la technologie brevetée de transfer printing.
L’idée de créer une start-up est née en 2022, de la rencontre entre Maxime, Gabriel et Éric, qui travaillaient alors à la renaissance de L’Hydroptère, le célèbre voilier volant. Ensemble, ils ont identifié un besoin très concret : mesurer en conditions réelles les déformations et les écoulements d’air sur les structures du bateau. Cette collaboration a donné naissance aux premiers prototypes de capteurs d’écoulement et à un brevet commun.
Très vite, ce besoin s’est révélé bien plus large : dans la propulsion vélique comme dans l’éolien, les industriels manquent de données en temps réel sur le comportement de leurs structures composites et les écoulements qu’elles subissent, pour leur permettre d’optimiser la conception et d’anticiper la maintenance.
Quel a été votre parcours jusqu’à la création de l’entreprise ?
Nous avons eu la chance d’être accompagnés par de nombreux acteurs de l’innovation tout au long de notre parcours, pour faire mûrir aussi bien la technologie que le modèle économique d’Inkaptis.
Dès 2023, nous avons rejoint Atlanpole à Nantes, d’abord dans le cadre du programme Eco-Innovation Factory puis en incubation, pour affiner notre compréhension du besoin marché. En parallèle, ces années ont aussi permis de faire progresser notre technologie et de l’adapter à nos marchés prioritaires, le nautisme et le transport à propulsion vélique, grâce au programme de maturation mené avec la SATT Ouest Valorisation et l’IETR.
Avec un premier prototype finalisé début 2026, nous préparons aujourd’hui deux preuves de concept en conditions réelles, qui seront installées d’ici la fin de l’année : l’une avec un industriel de la propulsion vélique, l’autre sur L’Hydroptère.
Comment la SATT Ouest Valorisation vous a-t-elle accompagnée ?
La SATT est intervenue dès le début du projet pour nous aider à valoriser cette technologie innovante et à structurer la propriété intellectuelle, notamment avec des dépôts de brevets en copropriété en 2024.
Elle est arrivée à un moment clé, où nous avions besoin de moyens humains et techniques pour adapter la technologie aux contraintes des marchés identifiés et sortir du laboratoire. Le programme de maturation de 18 mois nous a permis d’aboutir à un prototype viable et éprouvé, et d’engager les échanges avec nos futurs partenaires et clients industriels.
Plus récemment, la SATT Ouest Valorisation a poursuivi son accompagnement en soutenant les étapes clés de la création d’Inkaptis, du transfert de technologie à la structuration de son positionnement sur le marché, en passant par la création de son identité visuelle et le dépôt de sa marque.
Quelles ont été les étapes clés ou les principaux défis rencontrés ?
Notre premier défi a été de passer d’une technologie très polyvalente à des produits ciblés, en choisissant nos marchés pour ne pas nous disperser. Après une étude de marché détaillée et de nombreux entretiens avec des experts, nous avons choisi de commencer par la propulsion vélique et le nautisme : des marchés en recherche de nouvelles solutions, au cœur des domaines d’expertise de l’équipe. La maturation menée avec la SATT nous a permis de valider ce choix sur des cas concrets.
Notre deuxième enjeu a été de structurer le projet, et surtout l’équipe, puisque nous sommes cinq cofondateurs. Ces quatre années nous ont appris à travailler efficacement ensemble et à nous appuyer sur nos expertises complémentaires pour construire une vision commune et donner vie à nos capteurs souples et non intrusifs.
Quelles sont les prochaines étapes pour votre start-up ?
Nous visons un lancement commercial dans la propulsion vélique fin 2027, après plusieurs preuves de concept menées avec des équipementiers.
En parallèle, Lauréats du concours Octo’pousse 2026, nous démarrons un projet collaboratif avec les équipes de l’ENSTA pour adapter la technologie Inkaptis au marché de l’éolien, avec l’objectif d’instrumenter un modèle réduit de pale en conditions réelles en 2028. L’éolien est pour nous un marché à fort potentiel à moyen terme, avec de réels enjeux de performance et d’optimisation de la maintenance.
L’IETR reste par ailleurs notre partenaire de recherche pour faire évoluer la technologie dans la durée.
Une première levée de fonds, prévue en 2027, accompagnera cette montée en puissance pour financer les dernières étapes du développement produit et le lancement commercial.
