JARA : quand l’intelligence artificielle accélère l’analyse des radiographies en rhumatologie
Pouvez-vous vous présenter et présenter en quelques mots la technologie développée ?
Je suis Hugo Pensec, ingénieur spécialisé en intelligence artificielle et porteur opérationnel du projet JARA – Joint Analyzer for Radiographs, développé en collaboration avec le service de rhumatologie du CHU de Brest. JARA est une technologie d’intelligence artificielle dédiée à l’analyse automatisée des radiographies des mains et des pieds de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. L’objectif est d’identifier et de quantifier les principales lésions radiographiques, notamment les érosions osseuses et les pincements articulaires, afin d’automatiser le calcul du score de Sharp-van der Heijde, aujourd’hui réalisé manuellement par des lecteurs experts. La solution repose sur une chaîne complète de traitement d’images intégrant notamment la détection des articulations, l’analyse des lésions et la restitution d’un score radiographique à l’échelle du patient.
Comment les travaux ont-ils démarré ? Dans quel contexte de recherche ? A quels besoins industriels ou sociétaux l’innovation répondait-elle initialement ?
Le projet est né au sein du CHU de Brest à partir d’un besoin rencontré dans le cadre de la recherche clinique en rhumatologie. L’évaluation de la progression structurale de la polyarthrite rhumatoïde repose notamment sur l’analyse de radiographies des mains et des pieds. Cette lecture est particulièrement chronophage, nécessite une expertise spécifique et peut présenter une variabilité entre les différents lecteurs. L’idée initiale de JARA était donc d’explorer la possibilité d’utiliser l’intelligence artificielle pour rendre cette analyse plus rapide, plus reproductible et plus facilement déployable à grande échelle. Les premiers travaux ont permis de développer puis d’évaluer les différents composants de la chaîne d’analyse sur des cohortes de patients. Les résultats obtenus ont progressivement confirmé l’intérêt scientifique et technologique de l’approche et ont conduit à envisager une valorisation au-delà du cadre académique initial. À terme, la technologie pourrait notamment répondre aux besoins des équipes de recherche, des cohortes académiques et des acteurs réalisant des essais cliniques, pour lesquels l’analyse d’un grand volume de radiographies représente aujourd’hui une charge importante.
Comment la SATT Ouest Valorisation vous a-t-elle accompagnée dans le développement et la structuration du projet ?
Cette collaboration entre actuellement dans une nouvelle étape. Les échanges engagés avec la SATT Ouest Valorisation ont permis de préparer la phase de maturation du projet et de réfléchir aux différents enjeux nécessaires au passage d’un prototype issu de la recherche vers une technologie pouvant être valorisée et transférée. La phase de maturation qui débute doit notamment permettre de consolider la technologie, poursuivre sa validation, travailler sur son intégration dans un environnement opérationnel et préciser la stratégie de valorisation et le modèle de transfert les plus adaptés. Il sera donc particulièrement intéressant de compléter ce point au fur et à mesure de l’avancement de cette phase de maturation.
En quoi cet accompagnement a-t-il été utile ou déterminant à certaines étapes clés ?
L’enjeu principal de cette collaboration est d’accompagner le passage entre une technologie développée et validée dans un contexte de recherche et une solution suffisamment robuste et structurée pour pouvoir envisager son transfert et son utilisation dans un contexte réel. Cet accompagnement permet ainsi de consolider progressivement le projet, d’identifier les prochaines étapes clés et de préparer au mieux son passage vers une application concrète.
La collaboration étant toujours en cours, nous pourrons enrichir cette partie dans les prochains mois avec des éléments plus concrets sur les avancées réalisées, les étapes franchies et la manière dont l’accompagnement aura contribué à faire progresser le projet vers son application opérationnelle.
